Moments forts de l’histoire sociale de la Loire-Atlantique

1833, les typographes nantais et la défense du métier 

En mai 1833, soixante-quinze ouvriers typographes apposent leurs signatures au bas du contrat constitutif de l’Association philanthropique qu’ils viennent de créer et pour laquelle ils sollicitent la bienveillance des employeurs. Mais, faisant fi de la loi qui interdit les syndicats, cette association entend soutenir les ouvriers aux prises avec les imprimeurs nantais indélicats.

« Ils ont tué Rigollet ! » : 1955, une révolte ouvrière en basse-Loire

Le conflit de 1955 occupe une place à part dans l’histoire sociale de la Loire-Atlantique par sa durée et sa dureté. Durée : il s’écoule sur huit mois, de l’émergence des premiers comités d’action des soudeurs nazairiens en février à la conclusion d’un accord entre patronat et syndicats à Nantes en octobre. Dureté. À Saint-Nazaire, on se bat autour des chantiers le 23 juin et on dresse des barricades le 1er août. À Nantes, cette dureté s’illustre notamment par les moyens techniques utilisés par les manifestants : il ne s’agit plus uniquement de pavés et de boulons, mais d’engins explosifs lancés contre les forces de l’ordre (18 août) et dans l’enceinte de la prison lors de l’attaque de celle-ci (19 août), de coups de feu (19 septembre), de sabotages sur un échafaudage (27 septembre) et sur un train (28 septembre) ou encore du dépôt d’une bombe artisanale désamorcée dans l’enceinte des chantiers Bretagne-Loire (19 septembre). Même le vieux leader CGT Gaston Monmousseau fait revivre le temps d’un discours une ancienne pratique syndicaliste-révolutionnaire : le boycott.

Mai 1968, Nantes s’embrase

« La Commune de Nantes », tel est le titre du livre que Yannick Guin consacre au mouvement de mai-juin 1968 à Nantes. La référence au mouvement parisien de 1871 semble donc assumée par l’auteur même si la Commune de Paris en tant que telle n’apparaît ni dans l’introduction ni en quatrième de couverture sinon sous la forme « d’esquisse d’une administration des classes laborieuses parallèle à celle de l’Etat bourgeois », premier pas vers ce « double pouvoir » (versaillais/communard) qui marqua le printemps 1871 et se termina dans le sang. Je crois même que « la commune » n’est citée qu’une seule fois dans ce livre court et incisif, quand l’auteur conclut par un extrait de la chanson d’Eugène Pottier : « Tout ça n’empêche pas Nicolas qu’la Commune n’est pas morte. » Ceci étant dit, le « Mai nantais » fut exceptionnel, autrement dit singulier, fruit d’une histoire sociale dont les caractéristiques essentielles ne se retrouvèrent nulle part ailleurs.

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